Le Pen, Le FN et le racisme

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Jean-Marie Le Pen est bon et même très bon. On pourrait croire qu'il soit dépassé par l'image du vieux borgne qui aurait torturé des arabes pendant la guerre d'Algérie, mais il n'en n'est rien. La popularité de Jean-Marie Le Pen est l’une des preuves que l'image s'est substituée au contenu. Il est l'une des raisons qui m'ont poussé à créer ce site.

Apres avoir lu les condamnations ci-dessous, une seule question subsiste: la montée du FN est-elle un exutoire bénéfique et utile ou une dangereuse excitation de nos instincts les plus bas? Ceci est un autre débat, place aux faits:

Voici l'ensemble des condamnations de Jean Marie Lepen:

Janvier 1960 : condamné pour des menaces de mort proférées à l’encontre d’un commissaire de police.

27 avril 1964 : condamné pour coups et blessures volontaires.

16 janvier 1969 : condamné à trois mois de prison avec sursis et 20 000 F de dommages et intérêts pour coups et blessures volontaires par le Tribunal de grande instance de Paris.

14 janvier 1971 : reconnu coupable par la Cour de cassation d'« apologie de crime de guerre ». La pochette d'un disque édité par la Serp affirmait : « La montée vers le pouvoir d'Adolf Hitler et du Parti national-socialiste fut caractérisée par un puissant mouvement de masse, somme toute populaire et démocratique, puisqu'il triompha à la suite de consultations électorales régulières, circonstance généralement oubliée. »

11 mars 1986 : condamné au franc symbolique pour « antisémitisme insidieux» (peine confirmée en appel le 9 juillet). Jean-Marie Le Pen s'en était violemment pris à des journalistes juifs ou d'ascendance juive : « Je dédie votre accueil à Jean-François Kahn, à Jean Daniel, à Yvan Levaï, à Elkabbach, à tous les menteurs de la presse de ce pays. Ces gens-là sont la honte de leur profession. Monsieur Lustiger me pardonnera ce moment de colère, puisque même Jésus le connut lorsqu'il chassa les marchands du temple, ce que nous allons faire pour notre pays. » Et il leur accordait comme circonstance atténuante de n'avoir « appris le français que récemment ».

27 mars 1986 : reconnu coupable d'apologie de crimes de guerre dont la déportation pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti nazi » et « Vive Hitler ».

16 novembre 1987 : condamné à 3000 F d'amende et 8000 F de dommages et intérêts à verser au Mrap pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983. Condamné lors du même procès à 5 000 F d'amende pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ». Peines confirmées par la Cour d'appel de Paris (11ème chambre) le 29 mars 1989.

8 juin 1993 (pourvoi n°89-83298) : Cassation partielle de l'arrêt de la cour d'appel de Paris du 29 mars 1989 en ses dispositions portant condamnations pénales et civiles du chef du délit de provocation à la discrimination raciale.

Pour la cour d'appel, Le Pen 
                « met l'accent sur le "monde islamo-arabe qui actuellement pénètre dans notre pays" et le "danger mortel" pour les français de se voir ainsi "colonisés" ; que de tels propos sont de nature à créer dans l'esprit des français l'idée qu'ils sont menacés dans leur identité même par la présence sur leur térritoire de musulmans venant du tiers monde, à faire naître envers ce groupe déterminé, à raison de sa religion des réactions de rejet et à provoquer des actes discriminatoires voire de violence »  
 
Alors que pour la Cour de cassation,
                « les expressions reprochées au demandeur ne désignaient aucune personne ou aucun groupe de personnes autre que des populations étrangères indéterminées, n'étaient de nature à inciter le public ni à la haine, ni à la violence, ni à la discrimination raciale et n'avaient pas dépassé les limites du droit à la libre expression sur le phénomène de l'immigration, la cour d'appel a dénaturé les propos incriminés et fait une fausse application de l'article 24 alinéa 6 de la loi du 29 juillet 1881 »  
 
23 mai 1991 : condamné par la Cour d'appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration qui représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».

18 décembre 1991 : condamné par la cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible » pour avoir déclaré : « Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. J

Jean-Marie Le Pen Discours

e n'ai pas étudié la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. [...] Si, c'est un point de détail ! Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu’il y a des historiens qui débattent de ces questions. »

27 mai 1992 : condamné pour « diffamation » par le tribunal de grande instance de Paris à 1 F symbolique de dommages et intérêts à Jean-Christophe Cambadélis. Jean-Marie Le Pen avait qualifié le député PS d'« ancien — ou toujours — trotskiste, et ami des organisations terroristes allemandes » (Le Monde, 7 juin 1992).

3 juin 1993 : condamné à 10 000 francs (1 524 euros) d'amende par la Cour d'appel de Paris « injure publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour (« Durafour-crématoire »). Le 7 décembre de la même année, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi.

8 novembre 1995 : condamné à un redressement de 1,4 million de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».

15 novembre 1996 : condamné le tribunal de grande instance de Mont-de-Marsan à 10 000 F de dommages et intérêts pour avoir tenu des propos ayant « gravement porté atteinte » au président du tribunal d'Auch (Le Monde, 17 novembre 1996).

6 janvier 1997 : condamné à 6 000 F d'amende et 1 F symbolique de dommages et intérêts par le tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié l'association Ras l'front de « mouvement de tueurs de flics ».

4 juillet 1997 : condamné par le Tribunal de Paris pour propos racistes.

26 décembre 1997 : condamné à 300 000 F de consignation pour diffusion du jugement dans des journaux, à verser entre un franc symbolique et 5 000 F de dommages et intérêts à onze associations plaignantes, et à payer leurs frais de justice par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre l'humanité, consentement à l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un détail ». Le 10 septembre 1999, la cour d'appel de Versailles confirme la peine (Le Monde, 15 septembre 1999).

2 avril 1998 : condamné à deux ans d'inéligibilité (réduits à un an par la cour d'appel, qui ajoute 8000 F d'amende) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en réunion » et « injures publiques » (faits requalifiés par la Cour d'appel en « violences sur personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions ») pour avoir agressé la maire et candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal (qui portait son écharpe d'élue) lors des législatives de 1997.

9 septembre 1998 : condamné au franc symbolique pour avoir présenté une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann lors d'un meeting du Front national en 1997.

Novembre 1998 : condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre à 10 000 F de dommages et intérêts à l'Union des étudiants juifs de France pour avoir déclaré « Je crois à l'inégalité des races», lors de l'université d'été du FN, le 30 août 1996 (Le Monde, 27 novembre 1998).

10 juin 1999 : condamné à 12 000 DM (environ 6 000 €) d'amende par le tribunal d'instance de Munich pour incitation à la haine raciale et apologie de crime de guerre, i.e. « le point de détail » (MRAP, avril 2002)

2 avril 2004 : Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Jean-Marie Le Pen à 10 000 euros d'amende pour provocation à la haine raciale, en raison de propos tenus l'an précédent dans une interview au quotidien Le Monde (il avait déclaré notamment « Le jour où nous aurons en France, non plus 5 millions mais 25 millions de musulmans, ce sont eux qui commanderont »). Jean-Marie Le Pen devra également verser 5 000 euros de dommages et intérêts à la Ligue des droits de l'homme et la même somme à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui étaient parties civiles. Décision qui sera confirmée le 11 mai 2006 par la chambre criminelle de la cour de cassation.

Voici la dernière intervention polémique de Jean-Marie Le Pen où il réitère ses propos concernant la shoah en la qualifiant de "détail de l'histoire".

Ultime provocation d'un monument de la politique française en pré-sénilité ou intervention calculée au millimètre? Même à 81 ans celui que l'on donnait déjà pour mort politiquement il y a plus de dix ans, continue de semer ce doute.

 
Enfin, quelques citations de Jean Marie Le Pen que j'ai récupéré sur wikipedia et également sur ce site :

"Jean-Marie Le Pen : Je suis passionné par l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n'ont pas existé. Je n'ai pas pu moi-même en voir. Je n'ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de morts, c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : Six millions de morts ? Comment ?
Paul-Jacques Truffaut : Six millions de Juifs morts pendant la Seconde Guerre mondiale, vous considérez que c'est un point de détail ?
Jean-Marie Le Pen : La question qui a été posée est de savoir comment ces gens ont été tués ou non.
Paul-Jacques Truffaut : Ce n'est pas un point de détail !
Jean-Marie Le Pen : Si, c'est un point de détail de la guerre. Voulez-vous me dire que c'est une vérité révélée à laquelle tout le monde doit croire, que c'est une obligation morale ? Je dis qu'il y a des historiens qui débattent de ces questions.
Paul-Jacques Truffaut : Une immense majorité d'historiens et quelques autres l'ont dit et prouvé.
Olivier Mazerolle : Vous-même, monsieur Le Pen, considérez-vous qu'il y eut un génocide juif par les chambres à gaz ?
Jean-Marie Le Pen : Il y eut beaucoup de morts, des centaines de milliers, peut-être des millions de morts juifs et aussi des gens qui n'étaient pas juifs."

Jean-Marie Le Pen, Grand Jury RTL, RTL, 13 septembre 1987. Jean-Marie Le Pen a été condamné pour ces propos par la cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes contre l'humanité » et « consentement à l'horrible ».

 
"Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d'ouverture ou de fermeture, mais dans le marais de Picardie, on ne peut chasser le canard en février"
 
" L'occupation allemande n'avait pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés. "
 
" Je ne suis pas xénophobe, je suis francophile. "
 
" Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l'ouverture dans laquelle il a d'ailleurs immédiatement disparu, a déclaré : nous devons nous allier aux élections municipales, y compris avec le Parti communiste, car le PCF, lui, perd des voix tandis que l'extrême droite ne cesse d'en gagner… M. Durafour-crématoire, merci de cet aveu. " 
 

"Ce qu’il faut dire aux Algériens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux. C’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés. J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française [...]. Je conclus : offrons aux musulmans d’Algérie l’entrée et l’intégration dans une France dynamique. Au lieu de leur dire comme nous le faisons maintenant: « Vous nous coûtez très cher, vous êtes un fardeau », disons leur : « Nous avons besoin de vous . Vous êtes la jeunesse de la Nation » [...] Comment un pays qui a déploré longtemps de n’avoir pas assez de jeunes pourrait-il dévaluer le fait d’en avoir cinq ou six millions?"

Intervention du député Jean-Marie Le Pen pour soutenir le maintien de l'Algérie française, le 28 janvier 1958, à l'Assemblée Nationale

Jean-Marie Le Pen, 2e séance du 29 janvier 1958, Assemblée Nationale, dans JO - Débats parlementaires - Assemblée Nationale (1958), p.310-311, paru 1958, JO.

“La France, tête de pont d'une immense invasion étrangère.”
 
Michel Winock écrit dans La Droite éd. Plon, 2008  (page 178):

"Le succès de Le Pen est d'abord d'avoir su rallier et rassembler dans son parti les diverses familles du nationalisme fermé : nostalgiques du régime de Vichy, vaincus de la décolonisation, restes de l'Action française, groupuscules fascistes, adeptes de la Nouvelle Droite - antiaméricaine, européenne et antichrétienne -, aussi bien que catholiques intégristes. Il gagne à lui non seulement le noyau dur des racistes et des antisémites, mais bien plus largement un électorat populaire angoissé par la crise économique, le chômage et la délinquance."

Pour plus d'informations, je conseille tout simplement le site de l'ina, ainsi que "la source", le site officiel du FN. Comme j'essaie de le rappeler à travers ce site, il n'y a qu'un moyen pour savoir ce que pense quelqu'un; écouter ce qu'il a à dire et voir ce qu'il a fait. Il ne s'agit pas de cerner des individus dans toute la complexité de leurs pensées mais juste de tenter de raconter un tout petit peu moins n'importe quoi. 

Commentaires (6)

ines

les danger de racisme

Luka
  • 2. Luka | 06/08/2011

M. Le Pen a un discours très brute; je veux dire, par rapport à d'autres personnages de la scène politique sauf peut-être Jean-Luc Mélénchon. Jean-Marie Le Pen a cette particularité qu'il ne cherche pas à plaire, son discours ne s'ancre pas dans une dimension sociale, c'est l'homme sans tabous et sans gène, cette posture est naturelement perçu comme arroguante, d'où une décrédibilisation voulue dans la conscience socio-politique.
Pour revenir à l'article, La liste des procès dréssé ne fait d'état aucune agression, insulte raciste de Jean-Marie Le Pen à l'égard d'un individu infirmant ainsi l'idée que Jean-Marie Le Pen est raciste.
Pour finir sur "cette fameuse phrase ", Les chambres à gaz d'Auschwitz sont responsable de 1,5 million de mort, soit 3 % des morts au cours de la 2nd guerre mondiale et 1 quart ( dans l'hypothèse que seul des juifs furent gazés ) des juifs exterminés.

Azamat
  • 3. Azamat | 08/08/2011

C'est bien Luka. Ce site est fait pour que chacun puisse se forger sa propre opinion.
Jean-Marie Le Pen est un homme politique. Il a donc par essence pour objectif de plaire et de séduire son audience.
Quant au chambre à gaz il ne s'agit pas seulement d'un chiffre, il s'agit du symbole de l'inhumanité. Il s'agit d'usines à mort destinées à un type d’être humain qui a eut le malheur d'être différent.
Mais pour en revenir au site, si tu n'as vu aucune condamnation qui ait attrait au racisme sur cette page, c'est que tu ne l'as pas lu.

Brzozowski
  • 4. Brzozowski | 29/11/2014

Le problème des chambres à gaz est qu'il existe une loi qui interdit d'en parler.

Il y a des historiens qui prétendent qu'il n'y a aucune preuve qu'elles aient été utilisées. On n'a d'ailleurs pas prouvé que ce qu'on nous montre aujourd'hui comme des chambres à gaz l'aient été un jour (aucune trace chimique, aucun signe d'étanchéité possible, etc.)
Donc le doute existe sur le plan scientifique. C'est là tout l'enjeu du débat car l'on peut en conclure, puisque la loi nous oblige à penser qu'elles ont bien existé et été utilisées, qu'il y a une volonté cachée de faire croire à quelque chose.

Si la loi n'était pas là, il y aurait un débat qui permettrait à chacun de se forger une opinion mais ce n'est pas le cas. Je suis donc contre la loi Gayssot, promue sous l'impulsion de Laurent Fabius.

Ceux qui veulent en savoir plus pourront se faire une opinion ici : http://der-stuermer.org/french/graf.pdf

Brzozowski
  • 5. Brzozowski | 29/11/2014

ou ici : http://vnnforum.com/showthread.php?t=122268

clintrep
  • 6. clintrep | 09/12/2014

Merci aux auteurs du site pour ce travail de recensement exhaustif. Cette longue liste de condamnations est effectivement accablante; mais moins pour Le Pen que pour le système judiciare et politique français. Il n'y a plus de liberté d'expression en France: personne ne s'en alarme. Le contrôle de la pensée, la répression des opinions et des dires, les efforts de déchéance électorale, tout ça au nom de la République: quel désastre. Mon pays est foutu.

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